Découvrir : Les Villages FXB

Imaginés par Albina du Boisrouvray il y a 25 ans, ces «villages» ont montré leur efficacité pour éradiquer l’extrême pauvreté, dans les régions du monde où ils sont mis en place. Rencontre avec une femme qui a donné sa vie pour aider les autres et lutter contre le Sida.

La carrière littéraire et cinématographique d’Albina du Boisrouvray est brutalement interrompue lors du crash d’hélicoptère où elle perd son fils unique François-Xavier Bagnoud, jeune pilote sauveteur, participant à une mission humanitaire au Mali en marge du Paris-Dakar, en 1986. Albina décide alors de vendre sa fortune personnelle et de consacrer son existence à sortir des générations d’enfants de la misère et de la maladie en créant en 1989, en hommage à son fils, l’association François-Xavier Bagnoud (FXB International). Dès le milieu des années 80, Albina du Boisrouvray prend conscience de l’importance du «Sida, qui commençait à flamber dans le monde entier» confie-t-elle, et auprès de chercheurs comme Jonathan Mann, auteur notamment de «AIDS in the World», elle se voit confirmer que des «cohortes d’enfants orphelins sont à prévoir pour les années 2000, eux-mêmes souvent atteints par le VIH.»

Aussi, reprenant les «valeurs de générosité et de compassion» de son fils François-Xavier, elle met en place de nombreux programmes humanitaires en Asie ou en Afrique et parmi eux l’initiative des « VillagesFXB ». A une époque où une grande partie de la Communauté Internationale croit dans les vertus du microcrédit, Albina du Boisrouvray, se montre réticente à ce système, intimement persuadée que ce système ne fonctionnera pas pour les populations en situation d’extrême pauvreté, qui n’auront jamais la possibilité de rembourser ces emprunts.

Le modèle qu’elle imagine alors a fait ses preuves. Il consiste à mettre en réseau environ 80 à 100 familles indigentes, soit 500 à 600 personnes, et à accompagner, pendant 3 ans, des familles avec enfants à charge, souvent atteints du Sida. L’aide à la création d’activités génératrices de revenus permet ainsi de subvenir aux besoins vitaux c’est à dire en matière de santé, d’alimentation, de logement, d’éducation et d’hygiène. Le soutien financier apporté par FXB consiste à donner les moyens « d’élever des animaux, de cultiver des légumes, d’ouvrir un petit magasin, un salon de coiffure, ou de devenir charpentier par exemple. » La première année FXB donne 100% des fonds nécessaires, puis diminue progressivement son aide sur 3 ans pour arriver à l’autonomisation de ces « Villages » ou réseaux, parfois éloignés de plusieurs dizaines de kilomètres.

Albina constate que « ça fonctionne économiquement et qualitativement car ces femmes et ces hommes retrouvent non seulement leur dignité mais retrouvent aussi un rôle dans la société, c’est très important surtout s’ils sont séropositifs.» Aujourd’hui, une trentaine de VillagesFXB existe à travers le monde et les fondations d’entreprises et les collectivités participent à ce formidable élan de solidarité. L’initiative d’Albina du Boisrouvray a été saluée par de nombreuses personnalités et par de nombreux prix.

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